La santé, de par son caractère intime et sensible, serait-elle vouée à rester à l’écart de l’impact des nouvelles technologies ? Bien au contraire, à l’heure de l’arrivée des GAFA sur ce secteur et de la montée en puissance des healthtechs, elle a véritablement pris le virage de la digitalisation. Un tournant dû notamment à une appétence des usagers, largement familiarisés avec le digital quant à leurs habitudes en matière de transports, de logement, de services bancaires… Au cœur de cette révolution, la maîtrise et l’exploitation de la data au service d’une santé et d’une prévention plus ciblées, personnalisées et efficaces.

GAFA, IA, objets connectés… Des Français prêts à entrer dans l’heure de la santé 4.0 et de la prévention augmentée

Digitaliser les services de santé ? Les Français votent pour. 70%* se déclarent favorables au dossier médical centralisé en ligne et 1 sur 2 à la transmission en direct des données collectées via des objets connectés à des professionnels de santé. Concernant la téléconsultation, Près d’1 Français sur deux se dit prêt à la réaliser via un outil de conversation vidéo (Skype, FaceTime…) et 39% via une application mobile. Une façon de communiquer, de se soigner, de s’informer en matière de santé qui marque le début d’une nouvelle ère. Autre preuve de ce changement de paradigme : aujourd’hui, un tiers des Français se dit même prêt à se rendre sur des plateformes de e-commerce type Amazon, sur les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche pour effectuer une téléconsultation.

Les Français et la téléconsultation

Au-delà des GAFA, qui sont donc en train de réussir leur pari d’être identifiés comme des acteurs de la santé, l’intelligence artificielle ne cesse de séduire. Un Français sur deux est favorable à l’utilisation de logiciels d’IA capables d’interpréter les données médicales ainsi qu’à celle des programmes d’intelligence prédictive, qui peuvent évaluer l’espérance de vie et formaliser des recommandations. Un attrait pour le digital et son apport en matière de santé – flexibilité, personnalisation, autonomie…- qui ne saurait faire taire toutes les inquiétudes. Pour une majorité de Français l’interlocuteur privilégié demeure le médecin de famille et les professionnels de santé tandis que les nouvelles technologies restent synonymes de menace pour la vie privée et pour le respect de données sensibles et confidentielles.

RGPD et données médicales : responsabiliser les établissements, renforcer la confiance des usagers

Une crainte que pourrait apaiser le règlement général sur la protection des données (RGPD), dont l’entrée en vigueur est prévue fin mai 2018. Les établissements de santé, qui sont déjà sensibilisés à ces sujets de confidentialité des données, de par la nature sensible des informations qu’ils traitent, vont devoir renforcer encore leurs efforts mais surtout être en mesure de démontrer, à tout moment, qu’ils sont en conformité avec la législation. Et c’est bien ce dernier élément qui change la donne. Car si la plupart des éléments du RGPD existait déjà dans la loi « Informatique et libertés », la volonté du nouveau règlement est d’accroître la responsabilisation des entreprises, et donc des établissements de santé, en actant qu’il leur appartient de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la conformité de leur traitement de données…et pour pouvoir en rendre compte.

Plus concrètement, le RGPD entérine l’interdiction du traitement des données de santé, hormis à certaines fins comme l’appréciation médicale, l’organisation des soins et des services de santé ou encore les causes d’intérêt public (recherche, prévention des épidémies…). Pour les usagers du système de santé, cela se traduit par le droit d’être informé des traitements appliqués à leurs données, celui de savoir de quelles données personnelles dispose l’entité de soin et quel est l’usage qui en est fait ou celui d’effacer sur demande des informations dont l’établissement n’aurait plus besoin, en se basant sur le principe du droit à l’oubli. En renforçant les exigences de confidentialité et le champ d’action des usagers à l’égard de leurs données personnelles, le RGPD s’inscrit dans une logique de régulation et de protection qui dépasse les mesures mises en place précédemment par la CNIL.

Découvrir l’étude, Les Français et la prévention Augmentée

A l’heure de l’intelligence artificielle, de la data, des objets connectés, les Français se disent donc prêts à basculer dans une santé et une prévention 4.0 qui répondent notamment à une demande de personnalisation grandissante. Loin d’être perçue comme une menace, l’IA semble même séduire sous ses aspects de médecine prédictive. Seule zone d’ombre, les craintes concernant la gestion des données de santé, à caractère sensible. L’application, dans quelques mois, de RGPD, promet pour l’heure de renforcer les exigences de confidentialité, notamment en accentuant la responsabilisation des établissements de santé.  Des mesures qui devraient accroître la confiance des usagers quant au traitement de leurs données médicales, et peut-être ainsi, permettre d’aller encore plus loin en termes de santé et de prévention digitalisées.

*Etude réalisée par Mazars en partenariat avec Opinion Way début 2018, auprès de plus de 1000 personnes, les Français se sentent résolument prêts à entrer dans l’heure de la santé 4.0 et de la prévention augmentée

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